La réponse à mes attaque n'a pas tardé !!!
" Au nom du peuple migrateur et... muet "
Les propos du président du Moto-club des Deux-Sèvres (la NR du 2 juillet) ont interpellé le Groupe ornithologique des Deux-Sèvres. Qui tient à répondre.
Dans notre édition de mercredi, nous avons publié le coup de gueule du président du Moto-club des Deux-Sèvres. Christophe Pétreau voulait organiser un rallye moto mais il a dû contourner un site de nidification de la cigogne noire, ce qui l'a foncièrement agacé. Sa colère contre les associations naturalistes a incité l'une d'elle, le Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres, à réagir, sous la plume de son directeur Xavier Fichet.
Un seul couple en Poitou-Charentes
« Cette randonnée motorisée aurait dû traverser le seul site de reproduction connu de la cigogne noire en Poitou-Charentes. Elle a finalement reçu un avis favorable de l'administration (avec demandes de modification de certaines sections) et va quand même traverser trois zones Natura 2000 (sites d'intérêt européen pour la biodiversité) et cela en pleine saison de reproduction. Il s'agit donc ici, déjà, d'un compromis entre la protection de la biodiversité menacée et un intérêt particulier. Rappelons que la cigogne noire est beaucoup plus rare et plus vulnérable que la cigogne blanche. Seuls quarante à soixante couples nichent en France dont un seul en Poitou-Charentes, là où devait passer le tracé initial. Elle est, à cette saison, en pleine période de reproduction. C'est une espèce très farouche et très sensible au dérangement. Que les services de l'Etat décident que la randonnée motorisée ne traverse pas son site de nidification est une bonne décision qui relève du bon sens et de l'intérêt général.
Certaines espèces s'adaptent aux infrastructures et à la présence humaine, d'autres espèces sont plus sensibles et disparaissent, mais toutes ont de la valeur. La biodiversité est complexe et, tous, nous devons mieux la comprendre pour mieux la protéger. L'avenir de l'humanité dépend de notre engagement à protéger la faune et la flore. Veaux, vaches, cochons, ours, loups, outardes, cigognes blanches, cigognes noires, abeilles, coquelicots, moustiques, vers de terres, criquets… notre avenir dépend de leur état de santé et des services qu'ils nous rendent. »
Une mission d'intérêt général
Xavier Fichet ajoute que « les subventions que sollicite le Gods sont exclusivement en lien avec un projet d'intérêt général (connaissance du patrimoine naturel, protection d'une espèce ou d'un site, sensibilisation du grand public ou des scolaires…) sur lequel l'association doit rendre des comptes. La part de subvention dans le budget 2013 est de 28 %, un commissaire aux comptes en certifie annuellement leur bon usage. Association créée en 1981, le Gods a pour objet l'étude et la protection des oiseaux sauvages dans les Deux-Sèvres et est, pour cela, reconnue d'intérêt général. Nous ne sommes pas " une minorité ", conclut Xavier Fichet, et nous agissons au nom des millions d'oiseaux qui peuplent et traversent les Deux-Sèvres et qui n'ont pas la parole. »